C’était un feu d’artifice aux explosions incolores
La chaleur de la foule dans la glace au dehors
Serrée sous l’écran, noir, du ciel sans fin
Humanité fragile distillant son parfum
Et qui moutonne tête en l’air,
D’un regard unique et servile
La splendeur céleste écrasant ses pupilles
Humanité avide,
Assoiffée des couleurs d’un monde en sépia
Les scélératesses des lendemains chantant
Abondaient, ondulant, reptant sournoisement
La foule hypnotisée par tant de hardiesse
Les panthères tapies dans les chimères ambiantes
Je rêvais d’un monde sans parapet
M’abîmant dans ma tombe
Ecumant les nuits dans le grand cabaret
Perspective Nevski
Cloaque infâme
Exhumé des catacombes,
Encrassé par les âmes
Dans leurs corps raidis
Je toussais, malade, exprimant mes glaires
Hoquetant de douleur, soulevant mes poumons
D’où jaillissaient, piaillant, des flots de pimbêches
Gloss et rouge fournis, ornant leurs toisons rêches.
En démiurge maudit, suppurant sa crasse
J’errais face à terre dans les excréments tout chauds.
Et toujours ce silence au dehors,
Pas un ivrogne qui ne beugle,
Tous tournés vers le ciel et ses mille trésors
Saturés d’images mortes, les écrans aveugles
29/09/2008