Mercredi 5 novembre 2008
Samarcande, oublie-moi



Samarcande,
Nous étions…
Déserts

Nos corps jetés dans les remparts de ton âme
Samarcande,
Ils fourragent depuis
Comme des automates au clair de lune
M’aimerais-je encore
Quand Babel s’effondre ?
Dans tes sourires
Plaqués comme des masques
Figés d’amertume
Ces mauvaises couleurs…

Les trottoirs brûlants
Je vendais nos cheveux tu sais
Par poignées entières :
On abandonne ses enfants pour survivre

Vos crânes luisaient au soleil
Au hasard des rues brunes
J’aimais ça

Samarcande,
Nous étions…
Déserts

Cigarettes dressées sur les toits
De maisons tranquilles
Fumant leurs cheminées
Comme on mange Noël
Tes multiples visages offerts
Aux chouettes d’albâtre
Et nous étions autour
A souiller la neige
De nos pieds sales
Des bonnets de fourrures
Parmi les fumeurs
Minuscules
Ô Samarcande…
Je dors encore parfois
Dans des lits bien frais
Où je m’enduis de sel
Pour me conserver

Mais

Je ne veux plus de ces écrins de nuit
Nos tombeaux nocturnes
Je voulais qu’on me porte
Que l’on s’orne de moi
Que je resplendisse comme tes coupoles bleues
Refléter la lumière de leurs sourires encore…

Samarcande,
Ne me laisse pas mourir
Par Nox - Publié dans : Poésie - Communauté : L'âme du poète
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