Poésie

Mercredi 5 novembre 2008
Samarcande, oublie-moi



Samarcande,
Nous étions…
Déserts

Nos corps jetés dans les remparts de ton âme
Samarcande,
Ils fourragent depuis
Comme des automates au clair de lune
M’aimerais-je encore
Quand Babel s’effondre ?
Dans tes sourires
Plaqués comme des masques
Figés d’amertume
Ces mauvaises couleurs…

Les trottoirs brûlants
Je vendais nos cheveux tu sais
Par poignées entières :
On abandonne ses enfants pour survivre

Vos crânes luisaient au soleil
Au hasard des rues brunes
J’aimais ça

Samarcande,
Nous étions…
Déserts

Cigarettes dressées sur les toits
De maisons tranquilles
Fumant leurs cheminées
Comme on mange Noël
Tes multiples visages offerts
Aux chouettes d’albâtre
Et nous étions autour
A souiller la neige
De nos pieds sales
Des bonnets de fourrures
Parmi les fumeurs
Minuscules
Ô Samarcande…
Je dors encore parfois
Dans des lits bien frais
Où je m’enduis de sel
Pour me conserver

Mais

Je ne veux plus de ces écrins de nuit
Nos tombeaux nocturnes
Je voulais qu’on me porte
Que l’on s’orne de moi
Que je resplendisse comme tes coupoles bleues
Refléter la lumière de leurs sourires encore…

Samarcande,
Ne me laisse pas mourir
Par Nox
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Dimanche 2 novembre 2008
Les dauphins sont des animaux charmants


L'océan est rouge
Quand les requins saignent
J'enfante des harpons coupant
Sous les saillies de vos curiosités

L'océan est rouge
Quand les requins saignent
J'offre à vos remous
L'espoir d'une ivresse
Vos bouillons avides de nouvelles couleurs
Repeignant les courants de coraux cramés
Décorés de requins les craquant de fureur
Poussières humides rejetées sur les rives
Croquant les dérives des requins sanglants
Lavons nos mains humides :
Ce n'est qu'un peu de sang

Nos poupes fendent l'écume
- L'océan est rouge du sang de nos mains -
Tracent de nouvelles routes
Vers des continents saints
Bordés de sables rouges
De galets rosis
L'océan est rouge de nos requins en sang

Ces pantalons dégouttent nos rires déments
Trempant les fosses marines, abîmes de sècheresse
J'ai farci mes principes dans des coquilles de vent

Dans l'océan rougi de mes scélératesses

Dans les cadavres fous des grands requins blancs


02/11/2008
Par Nox
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Vendredi 31 octobre 2008
Les béliers sont-ils sauvages ?
S’enroulent-ils dans leurs cornes ?
Dans leur toison musquée ?

Je ne suis pas de ceux
Qu’embarrassent les méandres
L’horizon rectiligne
Et les vieux pubs de Londres

Les femmes – charmantes !
Des quilles branlantes
Des obstacles balayés
Que le temps esquinte

Les femmes – si fières !
Dans leur linge élimé
Elles fument à l’aube
Un sourire distrait
Leurs jambes écartées
Leurs jupons sont crasseux

J’ai tourné sans fin,
Tout droit – comme ça,
Je fendais l’air
Menteur !
Enroulé dans des brumes nocturnes
Endormi dans leurs ailes
Menteur !

Les béliers sont fonceurs
Et leur course infinie
Les béliers sont sauvages
Et que cherchent-ils ?

C’est la flamme dans leurs yeux
L’étincelle aimante
La chaleur d’un corps
Pour quelques instants

Regardez !
Cet œil aveugle qui fonce
Cet entrain à finir
A se jeter au mur

Les béliers charmeurs
Ne sont que mensonge.
Les béliers se détruisent
Disloqués en plein vol.

Les béliers sont sauvages
Je ne suis pas à vendre.
Par Nox
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Jeudi 30 octobre 2008
Derrière ces barrières perdues
Se dresse l’horizon sauvage

C’était hier

Perdue devant l’horizon lointain
Se découpe ta silhouette au vent

C’était hier

Ton visage inquiet dansait
Dans l’ombre de tes mystères

C’était hier

Porté par un vent chaud
Les grains de sables

C’était hier

Sais-tu que le bois craque
Sous les flammes ?
Sais-tu que le bois rompt
Quand on le tord franchement
Planche par planche ?

C’était hier

Et sur mes mains,
Tous ces vestiges
Toutes ces échardes
Ces peaux brûlées
Ces ongles noirs

C’était hier

Et l’horizon se découpait
Comme une lame
Tranchant le sombre de nos nuits.

C’était hier

Le bois creusé, usé, poli
Par l’impatience de mes coudes
Le bois nourri
Par les sillons des écorchures
Par la poussière qui tombe encore

C’était hier

Et seul le sable danse encore
Dans la tourmente des courants

C’était hier

Et seul le sable se dresse encore
Entre mon œil et le lointain

C’était hier…

27/10/2008
Par Nox
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Mercredi 29 octobre 2008

Les ciels souterrains derrière nos paupières
Toi et eux, éparpillés, perdus
A brûler des cendres froides.

Tombent des orages d’électricité mouillée,
Nous, moi, nos pupilles déchirées
Nos masques de feu.

Leurs ciels, leurs courages, tous mêlés
Dans l’attente de nouveautés antiques
Pas toi.

Toi tu sais, toi tu vis, toi tu cries
Tranquillement agité, tu cries, oui.
Basse stridente, spectre plein,
Tes sons sont miens, tes bruits sont tout.

Abysses lumineuses,
Je vois.
Bordel, je vois tout.
Comme un pont divin,
La foudre, le ciel et moi.

Et tes cendres froides
Par Nox
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Mardi 28 octobre 2008
Suite de la semaine : Un poème, un jour.


Nos volontés

Que valent nos volontés, que valent-elles !
A la lueur d’une vieille lanterne ?
Nos volontés à peine luisantes
Qui se dessinent en lisière
D’un halo pâle
Nos volontés dans l’ombre
Qui affleurent
Nos volontés sans fond
Et leurs surfaces lisses
Nos volontés voluptueuses
Sous les violents orages
Sous les tonnerres d’incertitude
Que valent-elles !

Nos volontés vivantes et vertueuses
Et qu’on ébranle
Et qu’on balaie sans cesse
- Nos mains nonchalantes -
Et se dérobent
Et disparaissent
Envolées
S’exilent
Parties !
Rien…

Cette lumière pure qui chevrote
Rien… Rien… que le néant qui nous accable…

Nos volontés parties
Dans les jardins de nos consciences
Nos volontés qu’on vilipende
Nos volontés naviguent sans voile
Lâchées aux vents
Nos volontés vernies frissonnent
Que valent-elles !
Nos volontés…
Ces cavaliers désarçonnés
Nos volontés toutes dispersées
Dans le carnage de nos âmes
Que valent-elles !
Nos volontés perdues
Qui nous enlisent
Que valent-elles !
Ces volontés qui nous dévoilent…
Que valent-elles ?
Nos volontés persécutées
Voyagent dans leur absence
Et nous reviennent
Soudain, nos volontés…
Nos volontés bénies
Ont-elles quitté
Un jour
Ont-elles quitté
Vraiment
Le halo pâle des lanternes qu’on agite ?


05/10/2008
Par Nox
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Mardi 28 octobre 2008

Lucien Ginsburg aka Serge Gansbourg, Allen Ginsberg : cette presqu'homonymie en dit long...

L'éclosion de deux poètes au même âge : 29 ans (respectivement 1957, lorsque Gainsbourg entame sa carrière en solo ; 1955 et ce fameux Howl scandé, icône de la beat generation).

Deux monuments mondiaux, l'un français, l'autre américain qui ont profondément marqué la musique et la poésie. Deux poètes portant le même nom, au même moment.

Tout converge. Mais je m'arrêterai là pour la comparaison, je n'aime pas tirer de conclusions.

Ah ! Les coïncidences historiques... 

Par Nox
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Lundi 27 octobre 2008
Tous les astrologues le savent, le retour du Soleil dans le signe natal (ou la période d'anniversaire, pour les néophytes) est l'occasion de prendre de bonnes résolutions. A la faveur d'une belle opposition Uranus-Lune natale, couplée à deux sextiles Vénus-Soleil natal et Mercure-Mercure, je m'offre une petite semaine de création continue, cette semaine, ce sera donc :

Un poème, un jour.

Hop hop hop
Par Nox
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Lundi 27 octobre 2008
C’était un feu d’artifice aux explosions incolores
La chaleur de la foule dans la glace au dehors
Serrée sous l’écran, noir, du ciel sans fin
Humanité fragile distillant son parfum

Et qui moutonne tête en l’air,
D’un regard unique et servile
La splendeur céleste écrasant ses pupilles
Humanité avide,
Assoiffée des couleurs d’un monde en sépia

Les scélératesses des lendemains chantant
Abondaient, ondulant, reptant sournoisement
La foule hypnotisée par tant de hardiesse
Les panthères tapies dans les chimères ambiantes

Je rêvais d’un monde sans parapet
M’abîmant dans ma tombe
Ecumant les nuits dans le grand cabaret
Perspective Nevski
Cloaque infâme
Exhumé des catacombes,
Encrassé par les âmes
Dans leurs corps raidis

Je toussais, malade, exprimant mes glaires
Hoquetant de douleur, soulevant mes poumons
D’où jaillissaient, piaillant, des flots de pimbêches
Gloss et rouge fournis, ornant leurs toisons rêches.
En démiurge maudit, suppurant sa crasse
J’errais face à terre dans les excréments tout chauds.

Et toujours ce silence au dehors,
Pas un ivrogne qui ne beugle,
Tous tournés vers le ciel et ses mille trésors
Saturés d’images mortes, les écrans aveugles

29/09/2008
Par Nox
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Mardi 15 juillet 2008

Un soir, quand le vent tourne

 

Abattre la mesure

D’un tir lointain aux volutes

Glacées

Sous les pas cadencés

D’un ermite délirant

Aspire

Inspiré

Dans la nuit les corps qui

Montent. Tourbillonnant

Errants

Hara-kiri

En kimonos

De fumée. Brumes

Odorantes des

Esprits.

Mescaline du shaman

Enrobée de sable fin

Sous son palais

Abime noire, portail

Des sens.

Visions épileptiques

Miroirs

Ames qui dégringolent

A terre.

Je rembobine

 

12/07/08

Par Nox
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